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Les Roms de la rivière

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Un entassement de barraquements, une vie communautaire jusqu’à l’excès… on ne sait plus qui vit où et “qui est à qui”. Mais tout le monde s’entraide dans tous les cas, et pour tout. Le gamin de 8 ans va tenir le bébé dans ses bras pendant que celui de 10 trimballe des métaux avec “les grands”.

Quand on arrive chaque semaine, c’est la folie, tout ce petit monde interrompt son fourmillement pour se jeter sur nous et se disputer les bouts de papiers et crayons que nous leur tendons afin de former quelques lettres et chiffres. Une énergie débordante les anime… où les mènera-t’elle dans tous les cas? Mieux vaut ne pas y penser, s’imprégner de leurs sourires, les imprégner du nôtre.

Depuis peu, la mairie a fait installer un grand mur devant les barraquements pour “contenir les grappes de mômes”, les empêcher de venir troubler le voisinage, notamment le lycée d’en face. Assez absurde étant donné qu’ils peuvent toujours sortir… à part nous priver d’une place pour nous asseoir avec les gosses, rendre l’air plus irrespirable et l’espace plus confiné qu’ils ne l’étaient déjà, je ne vois pas d’autre résultat… Probablement une tentative infructueuse de les couper à la vue du monde.

Aujourd’hui pour la première fois, je vois débarquer deux “étrangères” (non roms) dans le ghetto… Elles me font un effet étrange. Avec leurs coupes de cheveux blond platine, leurs lunettes de soleil kitsh et leurs petites robes, disons qu’elles font tache dans le décor. Elles s’approchent à petits pas, regardant d’un air dégoûté autour d’elles et poussant de bruyants soupirs. Quand elles demandent à parler à quelqu’un, je me rends compte qu’elles sont travailleuses sociales, ce qui accentue ma surprise. Apprenant que la personne n’est pas là, elles proclament au passage qu’ “Il faudrait peut-être habiller vos enfants, et les laver mieux que ça!”. Quand une femme lui répond que pour espérer plus d’hygiène il faudrait commencer par leur donner de l’eau, les femmes repartent sans écouter et sans meme dire au revoir.

Afficher ouvertement son mépris, ne pas écouter, partir au bout d’1 minute… Pas franchement la vision que je me fais d’un “travail social”. En meme temps ce n’est pas plus brillant en France. Roms, parias aux quatre coins de l’Europe…

Skopje la rêche

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Skopje la rêche

Skopje, son tumultueux et jaunâtre Vardar qui la tronçonne de part en part.
Et tronçonne les êtres aussi.
Petite Albanie si près mais si loin du centre.
Roma town si près mais si loin du centre.
Ici on chie sur le melting pot. Et sur tous les concepts américains.
Tentations de modernité vulgaire.
De gros centres commerciaux partout pour tous. The place to be pour un « restau sympa ». Va comprendre.
Utilisation sélective des deniers locaux.
Ecrans plasma à tous les coins de rue et des statues, beaucoup de statues.
Bouts d’immeubles jamais terminés. Détournements?
Mafia un peu, bien sûr.
Skopje la prostituée, qui s’offre tellement plus facilement que n’importe qui en Macédoine.
Bôcoup de français, et un bôôô Centre Culturel Français et un bôô parc de la francophonie.
Skopje et sa vie culturelle, at least un poil plus qu’ailleurs.
Skopje, capitaaaaaaale!
Skopje un peu superficielle, faut bien l’avouer.
Underground? Nema chanci.
Les marginaux à Skopje, ce sont les Rom qui fouillent les poubelles.
Rarement ceux à qui on laisse le plus de place pour s’exprimer.

Définitivement j’aime la Macédoine, pas toujours sa capitale.

Un pour tous, tous pour la croix!

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10 h du matin seulement à Crazydarci, la foule se masse autour du bout de rivière…
1m 50 de profondeur à tout péter.
Mais les traditions sont les traditions.
Une quinzaine de gars bodybuildés se préparent donc à leurs risques et périls à plonger, bravant le froid de l’hiver dans leurs caleçons à fleurs.
Et ils le braveront un bon moment, avant que le prêtre daigne se pointer, entouré de son pataquès de suiveurs. Puis une trentaine de minutes de cérémonial nasillard ponctué de faux départs…
Le voilà qui jette la croix, certains plongent…
Ah non, il bénissait juste la rivière…
C’est reparti pour un tour de « Amaaaaaaa aaaaaaaaaaaaaaa », nos fier dénudés désormais trempés.

Soudain, sans prévenir c’est la bonne, tendus comme des ressorts, les athlètes sautent dans la mare…. plouf!
Le gagnant ressort hurlant à la mort muni de la croix.
Il y a quelque chose de malsain à le regarder brandir ce symbole religieux, béni par le prêtre, tout en braillant des borgorygmes d’homme soûl, tout enivré par la joie d’avoir gagné son écran plasma.
Quand le capital se mêle de religion… c’est à y perdre son latin!

Rendons alalbanie….

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Albanie, pépite brute
Au coeur de Balkans fort peu policés.
Politiquement incorrecte.
Tirana tiraillée du côté de Mère Europe
Mais non, décidemment, aucune chance, les Mac Do sont fake.
On garde avant tout le grouillement, les bruits, les odeurs.
Les ombres de femmes protégées par leurs sacs plastique.
Histoire de prouver qu’elles ont à faire.
La farniente au café? Pas de leur sexe.
Asie, Afrique?
Pas si loin peut-être.
Avec moins de touristes…
Les gens vont trop chercher midi à 14 h!
Ah attendre de comprendre us et coutumes avant de vouloir s’entasser dans des fourgons.
Aux quatre coins du monde, un pigeon reste un pigeon.
Et cette tente hippie déconnectée du festoiement hirsute de la nouvelle année?
Ici comme ailleurs, l’important c’est de s’arrêter… ouh yeah!

Kafanaaaa

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Si le diable a ses entrées sur cette planète, l’un de ses points de chute favoris pourrait bien être l’un de ces insolites kafanas qu’on peut trouver un peu partout en Macédoine.
Qu’est-ce qu’un kafana en théorie? Simplement un lieu où l’on peut se rassasier tout à la fois de nourriture, alcool et musique.
Par extension, où l’on peut se rassasier. Tout court.

Grappes de gars à la démarche éthylique, venus pour oublier…
Les enceintes braillent du turbo folk inaudible, la rakija coule à flot.
Peu à peu, apparaissent aux quatre coins de la salle d’humbles nymphettes…. les extravesnaaaa s’il vous plaît, alias bouts de chair sans âge pour alcooliques dépressifs.
Elles couinent dans leurs micros, elles se frottent à qui le veut bien, parfois si elles font ça bien, on leur glisse un billet dans le soutif, ou dans la culotte…
Au fur et à mesure que la nuit défile, tout prend de moins en moins de sens…. amas compact, suant. Bordélique.

A Kavadarci, on trouve deux kafana de ce type…
Le premier : Martinik. Si tu prononces le nom, les gens grimaceront. Te diront que leur vieil oncle Vlatko va y perdre un bout d’âme de temps en temps.
Mais bon, c’est la rue principale. Ca reste envisageable. Tolérable.

L’autre… tu auras besoin d’un taxi, qui s’engouffrera sur de petites routes escarpées dans une nuit épaisse, et conduira plus de 20 mn pour t’emmener… le plus loin possible de tout. Histoire d’accentuer le côté voyage en enfer… histoire de décourager les moins fous…. histoire de pouvoir exprimer la pasioooooon, en toute tranquillité.
Quand tu atteins l’antre, fais attention aux locaux… ils auront tendance à se dire que tu payeras à la fin pour tout le bar… l’addition peut donner lieu à de surréalistes échanges… part du jeu que tu as choisi de jouer.
Ne survit pas en enfer qui veut…

Intégration

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S’intégrer… course contre la montre à destination inconnue.

Qu’est-ce qui est moi, qu’est ce qu’on a fait de moi.
Que garder, qu’oublier, que transformer.
Qu’apporter. Sans prétention, sans pré-requis.
Juste poser sur le plancher.
Et sourire.

Jusqu’à quel point appliquer de stupides règles de conduite?
Jusqu’à quel point sont-elles stupides?
Le sont-elles seulement pour moi?

Self-arbitre, ouverture, adaptation.
Ca sonne bien en training
Toujours plus faux dans la vraie vie.
Compréhension, liberté, échange.
Putain de gros mots.
Ne znam.

Apprendre!!!

Krazydarci

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Krazydarci
Notre Twin Peaks à nous.

Artère principale comme poumon.
Pravo, pravo, toujours tout droit!!
Grappes de gens devant les boutiques, on converse fort autour des cafetières fumantes.
Boutiques qui ferment chaque semaine pour rouvrir… trois mètres plus loin.
Boutiques grandes ouvertes… mais sans personne pour t’accueillir.
Le gérant? Vous le trouverez au prochain café

Art de la pausa. Art d’étirer le temps, à défaut de pouvoir l’arrêter.
Heyyyyyy, ima vreme étranger.
Il y a le temps, bordel! Toujours le temps.

Nationalismes

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Macédoine, fier fief d’Alexander the Great..
Bout de pays minuscule au peuple grand, bien campé… sur lui-même.
Union Européenne? Jamais. Qu’on leur foute la paix.

Les Grecs? Des homos prétentieux qui s’emmerdent assez pour trouver le temps de contester leur nom.
Les Albanais? Des envahisseurs discrets (un peu leurs chinois en fin de compte…).
Les Roms? Des parasites à ghettoïser (un peu comme partout peut-être…).
Les Balkans? Environnement plein de menaces, conflits larvés.
Histoire qui tourne sur elle-même.

Nationalismes. On revendique, on préserve, on perpétue.
Et on rejette.

Automne en Macédoine

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Automne en Macédoine…

Sourires, détente, art de vivre poléka.
Frémissements d’une ville qui s’éveille.

On boit son café turc dans la rue,
On coupe du bois.
On prépare l’ajvar dans de grandes marmites…
Odeur aigre-douce de poivrons… à en mourir d’envie.

Lentement surtout. Leeeeentement.
Eternellement.
La pluie glisse sans déranger…
Sur mon sourire béat.